Le Fou de trèfle, un jour de nuit, a donné patte grise à la porte.
La sentinelle, d'humeur chagrine, regarda cet étrange disparaître dans la brume de pluie. Pourquoi, se dit elle alors, pourquoi les fous s'en vont toujours au matin?
S'il savait, ce sédentaire.
Le Fou de trèfle pourrait lui dire: allons, voisin, le chemin est long jusqu'à la prochaine ville, voilà pourquoi. Partir avant la couleur du miel dans le ciel, à l'heure du chien loup, voilà qui assure le couvert autre que sous la lune.
Le Fou de trèfle y pense, à cet être perplexe. Et à part lui, imagine une toute autre réplique: ah, compagnon du moment, le mouvement est dans l'aube! Avant complies viennent verve et veine de l'artiste accompli!
Hélas, faut il en convenir? Le Fou donnerait sa langue et et sa peau de chagrin pour un lit à cette heure. Malheur lui a pris la veille, dommage, une pitrerie fausse farce lui a coûté sa place. Piteux et pitoyable, c'est ainsi que proscrit, le Fou de trèfle avance clodiquant sous la bruine.
La sentinelle au loin éteindra sa chandelle. Ménageant la bonne cire, il s'enveloppe dans sa cape.
Et le pierrot mouillé, lui s'éloigne.